Le plus grand savant de monde musulman, al-Biruni , l’astrologue favori de Mahmud de Ghazni avait pour
spécialité non pas l’astrologie ou l’histoire, mais les mathématiques, et c’est à elles qu’il doit sa réputation
scientifique. Esprit universel, comme les musulmans les aiment, il fut aussi géographe, minéralogiste et
physicien. A la cour de Ghazni, al-Biruni travaillait au milieu d’une pléiade d’artistes, d’écrivains et de
savants.
Firdusi fut l’auteur du « Chah- nama » ou Livre des Rois, immense et belle épopée qui le fit souvent
comparer à Homère. Le Chah-nama, livre fondateur, est un vaste poème de 70,000 distiques,
respectivement consacrés aux premiers rois du monde.
Omar Khayyam, avant tout philosophe et savant, astronome et mathématicien, fut surtout un grand poète.
Ibn Sina que l’occident connaît sous le nom d’Avicenne, acquit une réputation mondiale comme médecin;
son « Canon de la Médecine » fut un livre de référence pour les Européens jusqu’au XVII ème siècle.
Mawlana Djelal ad-Din Roumi né en 1207 à Balkh, fuyant les invasions mongoles avec son père,
surnommé Sultan al-Ulama, a passé sa vie à Konya, aujourd’hui en Turquie, où il est mort en 1273. Il
demeure l’un des plus grands penseurs et érudits de la civilisation islamique. Par leur passion, leur
franchise et leur superbe expression, les écrits de Mawlana, - dont son merveilleux Mathnawi -, sont
devenus le vecteur d’un cheminement direct vers le divin. Son oeuvre, sa pensée et son enseignement
portent, par-delà toutes les frontières nationales, culturelles et civilisations, la marque suprême du doux
mystère de la vérité divine.
A l’occasion du 800e anniversaire de sa naissance, en 2007, l’Unesco honore la mémoire du Mawlana
Djelal ad-Din Roumi Balkhi avec une médaille à son nom, le reconnaissant comme l’un des plus grandes
humanistes philosophes et poètes, qui appartient aujourd’hui à l’humanité entière.
Les premiers témoignages de l'architecture musulmane se trouvent dans la ville de Balkh, capitale du
Khorassan "IX siècle", que les arabes appelaient " la mère des cités " parce qu'elle semblait exister
depuis toujours. Il s'agit notamment d'une petite mosquée sur plan carré de 20m de côté appelée " 9
coupoles ".
La seconde période, très brillante en art appliqué comme en architecture, s'ouvre en Afghanistan avec la
dynastie de Ghaznévides (977-1186). Ghazni demeure longtemps capitale et connait sa période
d'apogée. Les vestiges Ghaznévides les plus anciens se trouvent sur le site de Lashkari Bazar, situé au
confluant de l'Helmand et de l'Arghandàb "XI siècle", où s'élèvent les trois châteaux qui furent les
résidences d'hiver des souverains ghaznévides. A l'intérieur de leurs vastes enceintes, s'étendaient des
cours, des jardins et des constructions secondaires. Le château du sud est le plus vaste et le mieux
conservé avec des fresques peintes sur un revêtement de stuc.
A Gazni, s'il ne reste rien de sa féerique grande mosquée qu'on appelait "Fiancée du Ciel", revêtue de
pierres de taille et de marbres polychrome et si ses nombreux palais ne sont plus que décombres, trois
monuments témoignent encore de son ancienne splendeur. Entre autre, le tombeau de Mahmùd avec les
deux minarets construits par ses descendants et de nombreuses plaques de marbres qui portent des
inscriptions poétiques et mettent en valeur la richesse du matériau par leur extrême qualité décorative.
L'élégance de ces bas-reliefs est sans rival à l'époque.
L'emploi d'un vocabulaire ornemental limité composé de lettres coufiques, de fleurons, de feuilles
lancéolées, relève d'un style "officiel" affirmant ses liens avec l'art impérial des Abbassides. La technique
des décors en briques taillées, atteindra une perfection inégalée sous le règne des Ghôrides, originairesde la province de Ghôre, dans le centre-ouest de l'Afghanistan. Le minaret de Djàm, l’un des fleurons del'art ghôride (réalisé entre1179 et 1194), est entièrement construit en briques à partir d'une petite base
octogonale et atteint une hauteur de 65m.
Le Khorassan afghan, était réputé pour ses productions artistiques. Des villes comme Hérat et Balkh, (la
Bactres antique), emporium sur la route de soie, bénéficiaient, et de ce que leur apportait le grand
commerce avec la Transoxiane et la Chine, et des matières premières venues de leur propre
environnement. Les conquêtes arabes n'ont rien changé à ces dispositifs. Le travail des métaux, - argent,
cuivre et bronze -, reposant sur l'exploitation de mines locales était de tradition à Hérat, comme dans
l'ensemble du Khorassan.
Le règne des Ghaznévides, verra triompher des formes plus monumentales où l'Inde a peut-être laissé
son empreinte. De cette époque datent ces aiguières et ces cruches aux becs exhaussés en gouttière, à
la décoration chargée d'arabesques, d'anneaux; de boutons de préhension, d'inscriptions en coufique
large. L'époque Ghôride (XIIe et XIIIe siècle), marque une évolution dans le travail du bronze qui atteint
alors un grand raffinement.
La céramique afghane médiévale à la décoration simple et élégante se résume souvent en une ligne
épigraphique tracée au milieu de l'objet et dont les lettres, dérivées du coufique, ressemblent à de
menues silhouettes d'oiseaux. Ce sont, la plupart du temps, des coupes et des coupelles, dont certainesaccueillent aussi des motifs végétaux ou des lettres.