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 quand les talibans parlent

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Juba
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MessageSujet: quand les talibans parlent   Mar 20 Oct - 11:58

salam

un article interessant

Citation :
13 octobre 2009
Quand les talibans parlent

“Vous avez les montres, nous avons le temps.” En une phrase, tout est dit sur la guerre en Afghanistan. Bien sûr, vous avez entendu parler des Talibans. Mais vous avez rarement entendu parler les Talibans. Le magazine américain “Newsweek” a publié sur son site, le 26 septembre, “The Taliban in Their Own Words “, un remarquable travail de son correspondant dans la région, Sami Yousafzai et du journaliste Ron Moreau.

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Les photos qui illustrent cette note ont été trouvées en 2001 dans une cache par le photographe de Magnum, Thomas Dworzak. Elles ont été regroupées dans le recueil “Taliban ” (Magnum Archives)

Sami Yousafzai couvre le conflit depuis 2001. Il a développé et maintenu des contacts avec des dizaines de Talibans. Pendant plus d’un mois, il a fait de nombreux allers et retours entre Afghanistan et Pakistan. Parmi ses sources, les six qui ont accepté ici de témoigner directement. Yousafzai a pu plusieurs fois par le passé constater la fiabilité de leurs informations. Il est bien sûr impossible de vérifier tous leurs dires, mais leurs témoignages sont une rare occasion de comprendre comment ils perçoivent cette guerre, depuis leur déroute après le 11-Septembre jusqu’à leur renaissance et leur reconquête actuelle. Comme le note Courrier international : “Les talibans font ce qui leur plaît”. En Afghanistan comme au Pakistan. L’attaque réussie du 10 octobre contre le quartier général de l’armée pakistanaise à Rawalpindi [ville-garnison située à 14 kilomètres de la capitale, Islamabad] illustre la capacité d’adaptation des islamistes et l’extrême vulnérabilité du pouvoir central.

Voici donc les paroles de Haqqani, Akhundzada, Mohammad, Younas, Khan et Masihuddin. Extraits :
L’ATTAQUE AMERICAINE APRES LE 11-SEPTEMBRE

Haqqani : ” Je n’aurais jamais pensé que la chute des Talibans serait si rapide et si cruelle sous les bombes U.S. Chacun essayait de sauver sa peau et sa famille. J’ai envoyé la mienne au Pakistan. J’ai abandonné mon habit blanc de mollah, pris des vêtements passe-partout et je me suis enfui dans les montagnes.”

Akhundzada : “Quand les bombardements ont commencé, je dirigeais 400 guerriers à Mazar-e-Sharif. Ces bombes, elles découpaient nos hommes comme une faucheuse à la récolte de blé. Des combattants pissaient le sang par le nez et les oreilles quand les bombes explosaient. (…) Notre gouvernement est tombé après 40 jours de résistance. Je ne pouvais l’accepter. Allah nous aiderait à nous relever, ai-je alors pensé. Ne serait-ce que par le sang versé.”

Khan : “Beaucoup de talibans ont trouvé refuge dans la mosquée de mon père. Les villageois ne voulaient pas les aider. Seuls mon père et moi leur donnions à manger.”

Younas : “Les Arabes auraient voulu que l’on se batte jusqu’à la mort. Ils étaient déçus. Pas autant que nous : ils avaient perdu une bataille. Mais les Afghans, eux, avaient perdu leur pays.”

Masihuddin : “Quand le pouvoir taliban est tombé, j’étais dans une madrasa au Nouristan. Je suis parti poursuivre mes études au Pakistan. J’ai pu me réfugier avec d’autres dans un petit village, près de Peshawar. La police pakistanaise nous harcelait avant de finir par nous arrêter. Pas pour longtemps, ils voulaient sans doute nous effrayer. Nous priions pour la survie de nos frères talibans. Pas pour leur victoire tant un retour au pays nous paraissait alors inconcevable.”

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LA RENAISSANCE

Younas : “Au début, aucun Afghan ne pensait revenir pour combattre. Mais les Arabes, si. Et ils nous encourageait, nous et les tribus locales. Rien ne s’est vraiment passé la première année. Et puis, les Arabes ont monté des camps d’entraînement. Le premier dont j’ai entendu parler était à Shin Wasak, près de Wana. J’ai pu m’y rendre. C’était impressionnant. Il y avait là des Tchétchènes, des Ouzbeks, mais aussi des Egyptiens, des Saoudiens, des Lybiens et des Yéménites.”

Mohammad : “La fin du pouvoir taliban a été le début de ma carrière de djihadiste. Je connaissais un jeune Afghan du nom d’Azzizulah - il est en prison en Afghanistan, à l’heure actuelle - et je l’ai contacté. Il était méfiant au début mais il a fini par de donner les coordonnées d’un camp au Waziristan avec une lettre d’introduction”

Akhundzada : “J’avais trouvé refuge en Inde, au Penjab. Je vendais des légumes. Je me faisais 33 dollars par jour. Un jour, un homme est venu me voir et m’a dit qu’il y avait une réunion à Peshawar. J’y ai été. Et là, je n’en croyais pas mes yeux : il y avait mon ancien commandant, mollah Dadullah [qui devait trouver la mort en mai 2007]. Son nom veut dire victoire. J’ai aussitôt abandonné ma carrière de marchand de légumes. Je me suis rendu à Quetta, où j’ai retrouvé 15 de mes combattants.”

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LA VAGUE TALIBANE

Younas : “Une nuit d’avril, en 2003, on a traversé la frontière avec cinq pick-ups et un camion. Notre cible était une base américaine à Machda, dans la province de Paktika. On a attaqué à l’aube. Je pense qu’on les a vraiment surpris. On leur a envoyé des roquettes et des tirs de mortier pendant une demi-heure. Et puis leurs hélicoptères sont arrivés, nous arrosant de balles et de roquettes. Cinq d’entre nous ont été hachés. J’étais terrifié et je rampais pour échapper à la mort. En même temps, une espèce d’excitation m’a saisi. Nous avions montré notre résolution. Nous savions qu’on reviendrait.”

Haqqani : “La guerre en Irak, c’était bon pour nous. Ça les détournait de l’Afghanistan. Jusqu’en 2004, notre armement était rustique, AK-47, RPG… Mais après notre résistance est devenue plus mortelle avec des armes plus sophistiquées.”

Khan : “Au milieu de 2004, il y avait des rumeurs disant que les talibans étaient en opération à Ghazni. A partir de 2005, les talibans ont commencé à tuer des officiers de police, des gouvernementaux, des espions, des anciens qui avaient collaboré avec les Américains.”

Mohammad : “Ces premiers groupes qui traversaient la frontière étaient totalement pris en charge par les moudjahidins arabes. Les talibans étaient désorganisés alors, faibles et isolés. Mais les harcèlements de villageois, les bombardements qui tuaient les civils, la corruption du régime de Karzaï ont retourné la situation en notre faveur. Soudain, nous pouvions nous montrer, aller dans les villages. Les paysans nous recevaient, nous donnaient à manger, nous servaient du thé vert.”

Younas : “Après ces premières attaques, Dieu nous a ouvert des canaux pour l’argent. On m’a dit que l’argent du Golfe coulait à flots pour les Arabes. Ça a été un tournant. Avec l’aide des hommes d’Haqqani, on a commencé à capturer les collabos, à les juger et à les décapiter. Terrorisés, ils abandonnaient leurs villages. Petit à petit, notre pouvoir était restauré.”

Khan : “Fin 2005, les effectifs à Ghazni ne cessaient de croître. Il y avait les novices comme moi et les vétérans. Les Américains et leurs alliés afghans commettaient erreurs sur erreurs, arrêtant et tuant des innocents.”



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VOUS AVEZ LES MONTRES, NOUS AVONS LE TEMPS

Khan : “Toutes nos attaques avaient lieu entre minuit et l’aube. Mais nous nous sommes aperçus que les Américains nous traçaient grâce nos portables. Nous avons forcé les compagnies de télécommunications à stopper toutes les transmissions entre 6 heures du soir et 7 heures du matin. Les hélicoptères et les bombardements de nuit nous inquiétaient mais il y en avait de moins en moins. Je pense qu’ils n’étaient plus aussi bien renseignés qu’avant. Nos hommes en revanche surveillaient leurs bases 24 heures sur 24.”

Haqqani : “On ne dépend maintenant d’aucun étranger. Ni de l’ISI (services secrets pakistanais) ni d’Al-Qaida. Al-Qaida n’est fort que dans la propagande U.S. Pour ce que j’en sais, les gens d’Al-Qaida sont affaiblis et peu nombreux. Ces chameaux [les Arabes], nous devons les contrôler.”

Younas : “Mon frère vient de se marier. Ma mère m’a dit : « Et toi, quand te marieras-tu ? ». Je lui ai répondu que le jour où nous reviendrons à Kaboul et où nous restaurerons l’Emirat islamique sera le jour où je me marierai.”

Masihuddin : “Nous, à Kunar et dans le Nouristan, les montagnes et les forêts nous protègent. Ici, les Américains ne peuvent nous égaler. Il y a deux ou trois ans, les soldats américains se croyaient en vacances. Ils se prenaient en photo, faisaient des balades. C’est fini, ça. Maintenant, ils sont obligés d’avoir le doigt sur la gâchette 24 heures sur 24.”

Mohammad : “Le temps n’est pas un problème. Les Américains ont l’armement mais nous sommes prêts à un djihad sans fin. Nous sommes nés ici. Nous mourrons ici. Nous n’irons nulle part ailleurs.”

Akhundzada : “Je croyais que ma barbe serait blanche quand je verrai ce que je vois aujourd’hui. Mais elle est noire. Et nous sommes chaque jour plus forts.”
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Juba
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MessageSujet: Re: quand les talibans parlent   Mar 20 Oct - 12:03

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Afg4ever
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MessageSujet: Re: quand les talibans parlent   Mar 20 Oct - 12:50

salam

mashAllah ils ont le moral solide, de vrais résistants...

aujourd'hui j'ai parler a un cousin qui vie au pakistan, il ma dit qu'a pechawar presque tout les jeunes veulent soit aller en Afghansistan combattre les américains soit contre le gouvernement pakistanais car depuis les bombardement de l'armée pakistanaise dans les zones tribales, les réfugiés de ces régions parle bcp du "bien" des talibans et surtout dénoncent les bombardement des civiles et harcellement des gens innocents par isi ...
Il a dit aussi que la majorité des réfugié sont acceuillis dans les camps de réfugié afghans qui existent deja depuis l'invasion soviet en afg, et ils ont tous l'impression de ce refugié dans un pays étranger car la majorité d'eux ne parlent pas ni urdou ni anglais...

en plus il ma dis que l'armée pakistanaise connais de lourdes pertes en ce moment mais dans les info concernant leur pertes ils donnent toujours des chiffres ronds et qui reflettent pas la réalité, car aucun journaliste ne peut et n'a pas le droit d'aller la bas...
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