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 Omar Mazri : Niqab et chantage à la nationalité française

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olympique95
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MessageSujet: Omar Mazri : Niqab et chantage à la nationalité française   Jeu 29 Avr - 18:15

Au moment où le gouvernement français est confronté dans l'affaire du Niqab à une incertitude juridique face au conseil constitutionnel et à l'application d'une seconde loi scélérate on assiste à un ballet de stupidités dans l'hexagone. Stupidités touchant les pseudos élites musulmanes et les politiciens français de gauche ou de droite qui n’arrêtent pas de proclamer leur attachement à l’idéal laïc républicain qu’ils ont pourtant bafoué maintes fois.

Nietzsche a déjà vu le déclin de l'Europe bien avant l'émergence de l'hyperpuissance américaine lorsqu'il a décrit l'européen comme étant " Un animal grégaire, un être docile, maladif, médiocre". Nous allons voir une fois de plus, à travers le cas du couple jeté en pâture aux guillotines médiatiques, que la vision messianique de Nietzsche décrit le syndrome moribond des élites en France y compris celles se réclamant de l'islam.





1 - La communauté musulmane est dans l'expectative. Elle ne fait toujours pas le lien entre la loi contre le foulard, le projet de loi contre le voile intégral, l'enquête sur la polygamie pratiquée par les musulmans et la chasse à l'islam pour ne laisser qu'un islam celui de France c'est à dire la pratique du culte modèle franco musulman ou assimilationniste qui a échoué dans sa version Algérie française et intégration à la française.

La communauté musulmane doit se libérer de l'événementiel pour voir le phénomène dans sa globalité et dans son déploiement historique : Toute l'exclusion des musulmans en France s'est construite sur au moins trois pivots colonialistes :

* La peur de perdre ses papiers (carte de séjour, permis de travail, carte d'identité nationale) et d'être expulsé sans bénéficier de la reconnaissance de son travail qui a contribué à la prospérité de la France. Inséré dans ce chantage les musulmans ont désisté de leur droit à construire un avenir en France et surtout de se comporter en citoyen "normal" qui investit pour l'éducation et l'intégration de ses enfants, qui investit ses économies dans le circuit économique, dans l'immobilier et le foncier. La France est en deni de justice, elle est justiciable pour ce que les juristes appellent la "perte d'une chance".

* L'exploitation de la peur et de la misère de la population musulmane pour la maintenir incapable de produire son élite et d'investir le champ politique et social car les équilibres ou plutôt les rapports de forces qui favorisent les lobbies seront dévoilés et remis en cause. Il faut consulter les archives des journeaux ou solliciter la mémoire collective pour voir que la population musulmane en France a toujours vécu stigmatisée et surtout attentée à sa vie et à ses biens. Malgré la violence subie elle n'est pas partie car le marché de travail a besoin de l'exploiter comme main d'oeuvre docile et bon marché et son pays d'origine ne fait rien pour la rapatrier ou la défendre. C'est du racisme conjugué au chantage auquel s'ajoute la non reconnaissance des droits élémentaires : les jours de fête religieuse, le foncier cultuel et funèbre. A cela il faut ajouter l'insécurité dans les cités à laquelle l'état n'a apporté aucune réponse comme si la delinquence était la fatalité de la banlieue et sa seule production. Il appartient aux sociologues de montrer la stratégie de pourrissement de la banlieue, ses mobiles, ses mécanismes et ses bénéficiaires. En tous les cas on assiste toujours au même chantage si ce n'est pas les papiers ce sont les allocations familiales : le même but créer de la désespérance et de la servitude.

* La fragilisation sociale de la communauté musulmane et son implication dans sa propre atomicité en jouant sur ses différences ethniques, culturelles, linguistiques et doctrinales sachant que nous portons en nous un germe non traité celui de tomber dans le jeu et de pratiquer la division des rangs. Il faut bien voir que tous ces faits ne sont pas des épiphénomènes comme on voudrait nous le faire croire mais un phénomène grave dont ne voyons que les cibles symboles : il s'agit d'une volonté délibérée d'acculer la communauté à se désintégrer entre les "bons" et les "mauvais" et que les "bons" deviennent les gardiens de l'ordre inique.

2 Les pseudos élites musulmanes habituées à la servilité et à la culture de la rente insistent pour dire qu'il ne faut pas faire de l'affaire de monsieur Lies Hebbadj supposé être polygame et de son épouse de souche française et portant le Niqab une affaire religieuse ou une stigmatisation de la communauté musulmane. Ne pesant rien sur l'échiquier politique français ni sur la représentativité de la communauté musulmane ils ne peuvent ni dénoncer ni refuser les amalgames et encore moins l'acharnement contre des musulmans français qui expriment leur différence. Ils n'ont pas le courage de montrer les dérives dans cet imbroglio politico médiatique entretenu autour du voile, de la polygamie, de la déchéance de la nationalité. Ils n'ont, en dehors de la gestion de leur carrière, aucune idée de s'inscrire en porte à faux avec une gauche de plus en plus laïciste faute de projet de société et une droite de plus en plus sectaire faute de réussite, et de dire à haute voix ce que pense les femmes et les hommes libres dans ce pays : nous refusons l'instrumentalisation politicienne.



3 - Une fois de plus les élites musulmanes apparaissent comme une Kantara pour ne pas dire serpillère ou boite de résonnance. Leur vocation n'est pas de traiter les autres expressions de l'islam d'islam sauvage ou de jeter l'anathème sur des musulmans mais de travailler avec intelligence et connaissance des exigences de l'islam et de la communauté musulmane qu'elles bafouent :



* Nul ne détient la vérité absolue et encore moins tout le contenu, la dimension, la portée et la richesse de l'islam pour oser se présenter comme détenteur d'une légalité religieuse orthodoxe. Par ailleurs les musulmans avant de faire valoir leur préséance sociale ou intellectuelle ou politique sur leurs frères doivent en priorité pratiquer entre eux la culture prophétique du devoir de bon conseil. Le bon conseil ne consiste pas à apparaître dans la voix ou le regard de son maitre pour stigmatiser le musulman mais de le rencontrer et de débattre avec lui dans l'espace religieux s'il s'agit d'un problème religieux ou dans l'espace social s'il s'agit d'un problème social. Cela exige de la compétence c'est à dire de la légitimité à être reconnu comme autorité morale qualifiée à prodiguer le bon conseil ou à débattre. Si le problème ne relève pas de la compétence religieuse ou sociale il s'agit alors de dire et d'insister qu'il appartient à la justice de faire son travail dans la transparence et l'équité. Dans ce dernier cas l'élite est là pour constater et dire avec objectivité et crédibilité s'il y a eu respect de la déonotologie républicaine et de l'équité c'est à dire respect du droit et non mise en scène pour attiser la haine de la meute ou faire d'un cas banal une affaire symbolique qui exige l'exemplarité. L'exemplarité n'est pas compatible avec la justice mais avec la vengeance.

* Ouvrir le dialogue avec tous les musulmans pour fédérer leur force et définir leur mission ainsi que leur citoyenneté en matière de devoirs et de droits. Quel est le projet du CFCM et de l'UOIF qui sont appelés chaque fois à la rescousse ou comme des témoins à charge? Conduire la communauté musulmane? Si oui vers quelle destination? Pour l'instant on ne voit aucune carte ni cap ni boussole mais juste des aiguilles ferriques que le pouvoir politique magnétise et agite à sa guise.

* Se présenter comme détenteur d'un prototype d'habit islamique au féminin c'est nier la controverse qui existe en Islam depuis des siècles, qui n'est pas tranchée et qui ne sera jamais tranchée. Je préfère parler de vêtement de la pudeur ou de comportement islamique global. Le Niqab n'est pas le vêtement mais un accessoire du vêtement. Au nom de quel verset coranique ou de quel hadith ou de quel principe laïc proclamant la liberté le musulman s'autorise t-il à dire que le porter ou ne pas le porter est halal ou haram. Le dire c'est ne pas faire cas des avis contraires des autres. En tout les cas sur le plan de la théologie ou du Fiqh c'est un débat interne et en aucun ce débat ne peut occulter la donnée fondamentale : la liberté de la femme de disposer d'elle même et de le porter ou ne pas le porter. La République et ses valets sont en train soit de se ridiculiser soit de pousser la frustration car il y a un calendrier qui exige la neutralisation des musulmans par la culpabilité-victimisation ou par les conflits internes qui masquent les grandes manoeuvres.

* Il est scandaleux que les musulmans invités à donner leur avis sur la question confisquent la parole des femmes concernées. Il appartient à ces femmes de donner leur avis et d'expliquer leur choix. Elles n'ont pas à se justifier car elles ne sont ni en faute ni dans l'erreur tant sur le plan religieux que sur le plan républicain et laïc. Le pacte citoyen est rompu dès que la parole de l'autre est refusée devenant sans voix, sans raison, sans droit à l'écoute pour expliquer. On ne crée pas le vouloir vivre ensemble par la loi car on ne peut contraindre par la force de police le désistement de ses croyances ni à aimer ni à haïr. La France a perdu la compétence de communiquer et de créer du lien social et il n'appartient pas aux musulmans de cacher ses lacunes. Elle a chois un combat , elle doit l'assumer seule si ces élites n'ont ni le courage ni la lucidité de s'y opposer par calcul ou par laxisme.

* Il est dramatique de voir et d'écouter les pseudo représentants de la communauté musulmane intervenir comme facteur de division et de diversion comme le veut la lutte idéologique contre l'islam et les musulmans au lieu de poser les véritables questions aux instances politiques et aux médias qui les sollicitent : Si vous prétendez que ces femmes n'agissent pas par conviction religieuse et personnelle mais sous la contrainte du mari qui devient par cette accusation mis dans un rôle de proxénète ceci est grave sur le plan juridique et moral. Le dispositif législatif français est suffisamment étoffé pour répondre efficacement aux contraintes subies par la femme. S'il y a une priorité de défense des femmes faudrait-il attaquer de fond les violences physiques et sexuelles en France ou les occulter par quelques Niqab? Les chiffres sont effarants : Selon L'OND dans son rapport sur "la criminalité en France" 410.000 femmes ont déclaré avoir été victimes de violences physiques de la part d'un conjoint ou ex-conjoint, et 130.000, femmes victimes de viols en l'espace de deux ans, selon une enquête de victimisation portant sur 2005-2006. Cherchons le nombre de femmes harcelés sur les lieux de travail qui attendent une solution qui mette fin à leur calvaire et comparons là avec les 300 burquas et 2000 Niqab...

La question que nos élites auraient du poser et qui aurait déstabilisé et mis fin à la campagne de persécution de la femme musulmane est celle-ci : Existe t-il une plainte ou un fait avéré qui démontre qu'une femme a été contrainte de porter le voile? Si oui combien de cas et quelles ont été les suites judiciaires. Le coeur de l'islam c'est bel bien la justice indissociable de la foi et de la vertu. C'est la justice qui est au centre du dispositif légal islamique, de la liberté et des relations sociales, économiques et politiques. C'est sur ce terrain de la justice et de la liberté que nous devons exprimer un dénominateur commun mais aussi la singularité de notre islamité sans louvoiement ni fourvoiement.

* Là où mon interpellation sera forte et placé sur le plan religieux à l'encontre de ces élites incultes politiquement et religieusement : Ex formateur j'ai constaté que souvent la demande de formation des jeunes femmes portant le voile intégral provenait de femmes de souche française et d'extraction chrétienne ou laïque. Dieu est témoin : ces femmes ont étudié sous ma direction pédagogique sans port de niqab à l'intérieur de la classe car nous étions tous convaincus, moi, mes stagiaires portant ou ne portant pas ce qu'on appelle le voile islamique, mes stagiaires de souche française ou née de parents immigrés ou de primo arrivant, que la classe était un sanctuaire pour construire de la réussite. Il y avait un contrat pédagogique respecté car il y avait confiance réciproque. Le vouloir vivre n'était pas un mot galvaudé mais une construction socio pédagogique que je ne suis pas prêt d'oublier par sa richesse. Ma conduite était celle d'un musulman qui n'a jamais caché sa foi ni ses valeurs qui sont meta républicaines : la responsabilité et la libre adhésion. L'état de délabrement du système éducatif montre que la République est en faillite sur ses propres valeurs de fraternité, de liberté et d'égalité...

Fort de cette expérience je m'insurge contre le mépris et surtout contre le fait de voir des musulmans stigmatiser une française de souche qui a fait le choix douloureux et contraignant de prendre l'islam comme référence dans un pays athée et matérialiste qui a perdu toute référence morale. Nous devons témoigner à ces femmes converties de la reconnaissance et leur apporter tout le soutien pour leur combat même si dans nos convictions personnelles on pense que le Niqab est un excès de zèle ou qu'on pense qu'il faut se démarquer politiquement des groupes salafistes du Tabligh. Je campe sur mes positions morales et religieuses : c'est une double faute morale et religieuse que de stigmatiser une convertie au lieu de favoriser son insertion dans la communauté musulmane. Le gravissime est que cette convertie nous la portons comme un fardeau voir une intruse et un facteur d'aggravation de la division des rangs.

Puisque certains revendiquent le devoir de passer inaperçus, invisibles comme facteur de réussite et d'intégration j'exige qu'ils nous donnent les référents qui nous obligent à vivre cachés, oblitérés, masqués, dissimulés. Demandez à la communauté juive de vous montrer son art et son intelligence dans le traitement des problèmes religieux, sociaux et politiques posés à la communauté à condition de vous libérer du cliché répété de l'intégration réussie des Juifs dans la laïcité.

A un moment de sa vie il y a des clivages à faire, à exprimer et maintenir le cap : le devenir de la communauté musulmane, la question palestinienne, l'exercice de la citoyenneté française, la prochaine guerre contre l'Iran, la lutte contre l'exclusion, l'émancipation des peuples du despotisme politique et de l'impérialisme...

* Au moment où on ouvre le dossier sur la polygamie, sujet tabou dans un pays qui pratique l'homosexualité, la pédophilie, la prostitution, les unions libres, l'adultère, le concubinage, j'aurais aimé que nos élites apportent la détraction sinon la prudence aux prétention jacobines de l'Etat français d'exercer sa puissance publique uniquement sur les musulmans. Quand la République laïque, à travers ses représentants de plus en plus intégristes, viennent parler d'émancipation de la femme et du mariage la question à leur poser : où est le mariage durable en France? Quand on vient nous casser les oreilles sur le mariage religieux oubliant le traumatisme de leur histoire mouvementée avec l'Eglise qui faisait du mariage un sacrement il aurait fallu défendre l'idée vrai et historiquement vérifiable : il n'y a pas de mariage religieux en islam. L'islam a moralisé le contrat et la vie en couple qui ne peut exister que par le contrat de mariage civil. L'imam et la récitation de la Fatiha ne sont que des accessoires folkloriques ajoutés à la vie sociale musulmane. Le coeur du dispositif islamique est le contrat. Arrétons de donner suite aux affabulations des ignorants et aux fantasmes des haineux. Pour plus de détails sur ce sujet voir mon article "Des sources chrétiennes du Qur'àn".

Bien avant la République le mariage en islam respectait les règles du contrat. La république a confisqué le pouvoir de l'Eglise en donnant à l'autorité laïque le seul pouvoir de marier un couple ou de baptiser la naissance d'un enfant. Il n'y a aucune avancée par rapport à l'Eglise sur ce plan là sinon la confiscation de la liberté individuelle soumise à l'autorité de l'Etat qui est le seul à avoir compétence à donner existence à une personne ou à un contrat entre deux personnes. La république et ses farfelus médiatisés ne sont pas capable de discerner le vrai du faux et s'érigent en donneurs de leçons. Nous pouvons tenir un débat comlexe qui relève du philosophique et non du religieux et s'exprime dans le domaine du civil et des libertés sur la liberté, la responsabilité et la personnalité physique face à l'Etat. Comme le débat n'est pas philosophique il faut se taire. Si quelqu'un s'exprime il ne doit pas se taire devant l'amalgame entre polygamie, mariage religieux et nationalité française (identité). Se taire quand vous avez la parole est plus qu'une faute : une trahison.

* A propos de la polygamie aller dans le sens que les médias veulent entendre est une concession contre le Qur'àn. Il faut lire avec assiduité et confrontation à la Sunna du Prophète pour ne pas confondre l'équité dans le traitement affectif, sexuel, matériel et social des co épouses et l'impossibilité d'être équitable sur le plan de l'amour dont le siège relève du coeur et d'une alchimie mystérieuse. Affirmer dans l'absolu que l'islam est pour la monogamie c'est faire preuve d'une incompétence à lire et à comprendre le Qur'àn. Allah n'a pas interdit la polygamie il en a fixé les limites et le cadre. Ce cadre a montré l'obligation d'objectivité sur tout ce qui relève de la compétence de la raison et l'iniquité inhérente à la nature humaine sur tout ce qui relève de la subjectivité. Avant de faire le larbin devant les serviteurs zélés de la République il faut se rappeler que chaque mensonge sur Dieu et sur Sa parole est passible de malédiction.

* Les musulmans de France ou d'ailleurs ne souffrent ni du Niqab ni de l'Islam non français rétrograde par rapport à un islam de France intelligent et civilisé mais du déficit de libertés et de connaissances. Toute la problématique est sur le terrain des libertés et de l'égalité des chances. Il est inadmissible que le jeune de banlieue soit stigmatisé car on ne lui a donné aucun moyen de réussite sociale et qu'en même temps sans aucune forme de procès on discrédite la réussite d'un jeune qui aurait une boucherie halal. Il est quand même remarquable de voir un algérien parvenu en France en 1995 à l'age de 20 ans voyager, épouser, concubiner et produire de la richesse alors que celui qui est né en France est incapable de sortir de l'assistanant dans lequel on l'a fourgué. Je ne porte pas de jugement de valeur je constate les dégats de la culture paternaliste intégrationniste sur la capacité d'entreprendre : une catastrophe.

Devant cette catastrophe flagrante il est scandaleux que les élites musulmanes ne participent à aucun chantier ni à aucune réflexion sur la sortie de l'échec ou la création de la réussite des jeunes musulmans en dehors du débat doctrinal.

Intellectuellement parlant et religieusement parlant c'est une trahison que de réconforter par un mot inconsidéré ou une intervention médiatique équivoque l'accablement d'un musulman qui a mis son front par terre en signe de témoignage du monothéisme face à ceux qui blasphèment et ont des intentions peu louables envers l'islam. Il ne s'agit pas d'encenser tout manifestant d'un formalisme islamique ni de préjuger de ce que contient son coeur comme qualité de foi et son esprit comme qualité de raisonnement et encore moins de faire de la pratique religieuse un facteur de discrimination ou de sectarisme. J'ai l'obligation d'accorder un préjugé favorable à mon frère sans pour autant lui donner raison sur tout sans l'avoir évalué, comme l'a montré Omar Ibn Khattab, dans ses comportements sociaux à travers la convivialité d'un voyage, la socialité d'un voisinage ou l'équité dans le rapport marchand.

* Se taire ou se faire le porte parole d'un pseudo islam de France c'est accréditer l'idée qu'il y aurait plusieurs islams et plusieurs communautés comme si Allah ne savait pas ce qu'il faisait en déclarant Mohamed Miséricorde universelle et en faisant de l'unicité de la oumma islamique le corollaire indissociable de l'Unicité de Dieu. L'idée de l'Islam de France est non viable car l'islam n'est pas la religion de la France ou de Sarkozi mais la religion de Dieu qui en défini le dogme, le rite, la dévotion, la manifestation sociale, culturelle, politique, économique et idéologique. Il y avait eu en Algérie l'islam Franco musulman qu'on retrouvait dans l'emergence des élites assimilationnistes contre l'assemblée des Oulémas et des indépendantistes ainsi que des associations de femmes chrétiennes, communistes et indigènes émancipées pour libérer la femme algérienne de son voile dernier bastion de résistance contre l'occupant.

Toutes ses escaramouches sur le voile, le foulard et autres "symboles" témoignent de la confusion entre intégration et assimilation comme elles témoignent de l'echec de l'intégration du fait de la mentalité colonialiste qui s'appuient sur ses Bachaghas, ses Marabouts et ses Harkis. L'Algérie aurait pu rester française si la France avait eu l'intelligence de répondre à l'appel de l'Emir Abdelkader : " Comprenez ma religion" et de laisser les musulmans algériens adhérer librement au pacte républicain. L'Algérie indépendante aurait pu connaître la prospérité et rapatrier tous ses emmigrés et devenir une terre d'asile pour les convertis à l'islam mais aussi pour les entrepreneurs français non musulman et les travailleurs français si la France avait laissé les algériens prendre en charge leurs problèmes politiques et idéologiques en responsables sans interférences.



3 - Les élites politiciennes françaises sont en panne d'idées pour régler les problèmes stratégiques de la nation et réparer la dissolution du lien social sans lequel le vivre ensemble un vouloir hypothétique, incertain, fragile. Ils sont confrontés à une accumulation sédimentée d'échecs sur le plan structurel et non de fautes ou de crises conjoncturelles : leurs dirigeants sont usés et leur système est défaillent. Le résultat qu'ils veulent voiler en sa cachant derrière le voile de l'autre est devant les yeux des Français : le système français a perdu toute crédibilité. La France ressemble de plus en plus aux pays qu'elle a colonisés et déstructurés : Elle n'est plus gouvernée comme une grande nation qui se consacre à la gestion des affaires publiques par l'intelligence et l'intérêt national mais comme une bande d'associés en faillite qui détournent l'attention par la gestion de l'événementiel, du sensationnel, du raccourci, de l'amalgame, de la fuite, de l'effet placebo qui va s'avérer à la longue être une boite de Pandore.

La République doit faire l'effort de se réveiller car ceux qui la manipulent contre les musulmans sont en train de la rendre vulnérable et prisonnière de ses cauchemars. Expulser ou déchoir tous les musulmans ou quelques uns de leur nationalité ne résoudra pas les problèmes du déficit public ni celui de la dette ni celui de la place de la France dans le monde. Faire brandir la menace d'explusion ou le chantage à la nationalité c'est pousser les musulmans à la crispation et au repli identitaire. Nous devons refuser le chantage et l'isolat dans lequel on veut nous confiner ainsi que nos enfants en nous organisant en hommes libres et responsables, acteurs de notre émancipation, défenseurs de nos devoirs et droits citoyen sans céder d'un iota à notre islamité.



4- On ne peut sur le plan de la raison manier des sentiments et manipuler des sensibilités sans que cela ne devienne détonique. Il est probable que la gestion par le chaos organisé et par la régression féconde (importée des USA) soit une nouvelle forme de gouvernance cynique qui déplace les préoccupations et les luttes : au lieu de se focaliser sur les atteintes du capitalisme à la liberté et à la dignité du peuple français toutes confessions confondues on se crée un ennemi, un bouc émissaire : le musulman. Celui ci comme Kabch al 'Id est conduit par une patte puis par une autre puis par la queue vers la voie de sortie ou vers l'autel de la catharsis sociale (l'holocauste au sens sémantique). Si la communauté musulmane ne fait pas l'effort de s'organiser, de changer ce qui est en elle pour devenir une force politique qui fait ou défait un président alors les temps seront impitoyables pour elle comme pour tout être ou peuple qui subit le changement imposé par son colonisateur



5 – Madame Hebbadj, la jeune femme verbalisée pour port de Niqab sur une interprétation abusive du code de la route, a mis le feu au poudre en refusant de se taire et en choisissant de porter plainte pour abus de pouvoir. Elle a d'acculé les autorités françaises à médiatiser l'affaire et à faire entendre une voie majoritaire de manipulation symbolique et à faire voire une minorité timide qui dénonce sur le bout des lèvres le climat de stigmatisation qui frappe de plus en plus les musulmans de France. Cette dame intelligente et courageuse mérite tout le respect. Le respect n'est pas dans l'intention qu'elle n'a pas et qu'elle ne projette pas : devenir un symbole pour que d'autres femmes s'habillent comme elle.

Le respect qu'elle inspire est dans sa combativité qui n'est pas celle d'une femme soumise ou résignée mais celle d’une femme libre. J’ai l’intime conviction qu’il faut la voir davantage comme symbole de défense de la liberté comme il faut voir tout le matraquage politico médiatique comme symbole de lui contester cette liberté en impliquant son époux dans une diversion pour occulter la liberté de cette femme et laisser l'imaginaire se focaliser sur le barbu phallocrate.

Le respect que nous devons inspirer aux autres est de revenir à la gloire et à la grandeur de notre civlisation islamique qui nous montre la conduite de l'élite courageuse qui ne craint que Dieu : On a rapporté au El-Mu’tasim qu'une femme enlevée par les byzantins a appelé au secours en criant « Ô Mu’tasim ! ». La dignité du calife El-Mu’tasim n’avait pas supporté qu’une femme qui a demandé son aide soit abandonnée aux mains des ennemis. Le calife abbaside El-Mu’tasim a toute de suite mobilisé toute une armée pour la délivrer. Nous voyons, nous entendons et nous ne portons secours ni à nos femmes ni à nos jeunes ni à la Palestine meurtrie.



Conclusion :

Nous n'avons pas le droit de nous tromper de débat et d'objectifs stratégiques. Cette dame a montré le chemin de la résistance de la minorité contre l'oppression de la majorité : livrer bataille. La grande bataille vitale pour notre liberté et notre capacité à la défendre est de se mobiliser pour peser de notre poids lors des prochaines élections présidentielles. Pour cela nous devons nous réconcilier avec nous mêmes et accepter l'idée de la différence et de la diversité. Nos élites ont perdu toute crédibilité car elles ne reconnaissent pas le droit à la diversité dans la communauté plurielle. L'enjeu est stratégique il s'agit de constituer un front. Quand on parle de front il s'agit de deux notions indissociables : affronter ensemble la même adversité sur une seule et même ligne fédérant toutes les pluralités sans exclusive ni exclusion. Les musulmans par conviction, les laïc d'extraction musulmane, et les épris de liberté non islamophobes peuvent faire émerger une force de changement positive pour un vivre ensemble apaisé dans la différence et la légitimité des interactions sociales, politiques, économiques, culturelles dont il faut garantir l'opérabilité dans l'espace français sans ghettos ni stigmatisation.

Pour l’instant il faut faire l’apprentissage de la fédération en refusant la loi de Sarkozy ou la loi anti islamique bis. S’il n’y a pas de refus ni de front il y aura d’autres lois et d’autres voies pour l’expulsion des musulmans ou leur intégration par la force et l’humiliation ou par la corruption : « Epargnez ceux qui se soumettent et domptez les superbes » est la devise de la République des Césars c'est-à-dire celle de Rome dans ses rapports aux colonies et aux indigènes.

En jouant sur l'amalgame du Niqab-Monogamie-Usurpation des allocations françaises le chantage à la nationalité française avec l'expulsion vers le pays des ancêtres non gaulois est le témoignage le plus flagrant de l'islamophobie et de l'échec de l'intégration qui montre ses failles : le refus de l'autre. Le Pape Urbain II et la prédication de la première croisade ont commencé par exacerber les francs contre les Sarrasins au nom d'une vague idée de dieu et de son église qui doit triompher sur les païens... On peut oublier le Pape mais pourrait-on oublier cette longue liste de musulmans semblables aux insouciants pire que les bestiaux sans intelligence qui ne mettent pas les garde fous suffisamment tôt, suffisamment loin et suffisamment haut pour dire aux scribes de la République et à ses lobbies ne comptez pas sur nous pour vous donner légitimité religieuse et caution morale pour déchoir de leur nationalité ou expulser des coreligionnaires pour le seul motif que leurs femmes portent des vêtements que la République jugent impudiques et indécents.

Ils doivent proclamer l'attachement à la République, celle qui oeuvre pour le rassemblement de tous et l'égalité de chance pour tous sans iautoriser celle-ci à interférer dans le religieux qui ne relève pas des prérogatives de l'Etat mais de la société civile et plus précisément de la fratrie de foi. Comment pourraient-ils le faire alors qu'ils sont eux même le syndrôme de la confusion de l'état et de la société civile d'une part et le produit de la cooptation anti républicaine d'autre part. Ils sont dans la logique du fait du prince et non dans celle du droit et de l'humanisme républicain.

Les salafistes quand à eux ils doivent tirer un enseignement : ils ont vocation en leur qualité de musulmans de témoigner sur l'islam et la question qu'ils doivent inévitablement se poser un jour : comment et à qui témoigner. Ils ne peuvent vivre en dehors des problèmes majeures de la communauté musulmane dans son rapport à la République. Leur rôle est d'être dans cet effort de fédération qui a pour vocation le Tamkine Dine Allah qui ne permet ni improvisation ni contre sens ni sectarisme. Le salafi monarchiste et le salafi anarchiste ont le droit à leur liberté doctrinale et comportementale mais l'islam est une relgion de responsabilité, de contrat et de pacte avec son fiqh de la réalité et des priorités. La probité intellectuelle et religieuse est de s'ouvrir sur tous les enjeux et de prendre en considération la loi de la maturation à long terme et le devoir de compassion envers la communauté qui elle aussi a le droit d'évoluer selon son rythme et ses moyens. Toute fracture au sein de la fratrie en devenir rend ce devenir impossible et donne aux détracteurs de l'islam les leviers de nous fragmenter davantage au profit du sionisme.

Quelque soient les ennemis ou les soutiens, les complots ou les alliances, les difficultés ou les facilitations l’issue finale appartient à Dieu qui la réserve à ceux qui le craignent et observent la justice, la vertu et l’équité et qui font preuve de patience et de constance. Celui qui est soutenu par Dieu ne peut connaître l’humiliation s'il agit avec sincérité, lucidité et discernement :

{O les croyants, craignez Allah et parlez avec droiture, Allah vous rectifiera vos actions et Il vous pardonnera vos péchés. Et celui qui obéit à Allah et à Son Messager, il réussira, certes, d'une grande réussite. }
Face à la République refusons d'islamiser le débat et posons le en terme de justice, de droit, de liberté, de solidarité car ils sont le dénominateur commun et le seul langage qu'ils comprennent.


Source http://liberation-opprimes.net/index.php?option=com_content&view=article&id=770:omar-mazri-niqab-et-chantage-a-la-nationalite-francaise
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Ippo_achelhi
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MessageSujet: Re: Omar Mazri : Niqab et chantage à la nationalité française   Jeu 29 Avr - 18:31

Citation :
1 - La communauté musulmane est dans l'expectative. Elle ne fait toujours pas le lien entre la loi contre le foulard, le projet de loi contre le voile intégral, l'enquête sur la polygamie pratiquée par les musulmans et la chasse à l'islam pour ne laisser qu'un islam celui de France c'est à dire la pratique du culte modèle franco musulman ou assimilationniste qui a échoué dans sa version Algérie française et intégration à la française.

il faut ajouter à cela l'imam du crijf, hassan chalghoumi. il a invité le crif dans sa mosquée et a organisé un buffet de 28000 euros selon le trésorier de la mosquée qui a démissioné depuis. tout le monde a démissionné, les fidèles prient dehors. il a installé des caméras dans les toilettes des femmes. qu'allah lui donne ce qu'il mérite.

le pire dans tout cela, c'est qu'il n'est même pas imam, il est juste président d'une association. lui aussi fait partie des plans du crif our créer l'islam sioniste.
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Omar Mazri : Niqab et chantage à la nationalité française
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