Aux amoureux de l'Afghanistan.
 
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 Saadi, Bûstân

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Yama
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MessageSujet: Saadi, Bûstân   Dim 10 Mar - 10:20

La bague du Calife

Un célèbre savant racontait que le fils d'Abd-el-Azîz possédait une bague d'une valeur inestimable. Dans les ténèbres, le chaton de cette bague étincelait à ce point que l'on cherchait le soleil.
Le destin voulut que le peuple eût à souffrir d'une horrible famine. Devant tant de souffrances, le fils d'Abd-el-Azîz pouvait-il rester insensible et jouir des plaisir de la vie ? Lorsque le poison incendie le gosier d'un homme, peut-on, près de lui, boire avec plaisir une gorgée d'eau fraîche ?
Emu des tortures qu'enduraient tous ces malheureux, le Calife, afin de pouvoir leur distribuer du blé, décida de vendre sa bague. L'argent qu'il tira de cette vente fut dépensé en huit jours.
Des courtisans blâmèrent la prodigalité du prince : "Plus jamais, lui-dit-on, une pareille bague n'ornera ta main !" Comme la cire brûlante ses larmes ruisselèrent sur ses joues, et il répondit :
- Lorsque la faim déchire les entrailles du peuple, le luxe du monarque est honteux. Je me console de porter une bague sans chaton, mais ne pourrais voir souffrir mes sujets...

Que Dieu étende sa bénédiction sur l'homme qui sacrifie son bonheur à celui de ses semblables ! Un coeur noble ne veut pas d'un bonheur qu'il arrache à autrui. Lorsque le Calife s'oublie dans les délices, il est impossible que les pauvres goûtent le repos. Un bon souverain doit faire en sorte que le sommeil de ses sujets ne soit pas troublé.
Loué soit Dieu, qui nous a donné un prince vertueux et sage, Sous le règne d'Abou Bakr, fils de Saâd, notre pays n'aura eu à souffrir que des discordes provoquées par les belles jeunes filles....
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Yama
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MessageSujet: L'hypocrite et le derviche   Dim 10 Mar - 10:34

Un hypocrite arrêta un saint derviche, et lui dit :
- Je suis dans une situation épouvantable : je dois dix dirhâms à un avare impitoyable, et cette dette sinistre pèse sur mon coeur plus qu'un poids de dix livres. La nuit, il m'est impossible de dormir, pendant le jour, l'avare me poursuit partout... Ses menaces me font perdre l'esprit et l'ébranlent autant que ses coups ébranlent ma porte. J'en suis à penser que, depuis sa naissance, il n'a jamais possédé que ces dix dirhâms ! Ce misérable serait incapable de lire une ligne du Koran...A à mon avis, il ne sait prononcer que les mêmes mots. Dès l'aube, cet insensé vient crier derrière ma porte...A présent, je recherche un ami secourable dont la générosité me permettra de rembourser la somme que je dois. Je puis le dire, cet ami, si je le trouve, me délivrera d'un redoutable persécuteur !
Le saint vieillard écouta l'homme et lui remit deux dirhâms. Aussitôt, le quémandeur s'enfuit, le visage doré de joie.
Un passant dit au derviche :
- Tu ne connais donc pas ce gaillard ? Je t'assure que nous ne regretterions pas sa mort...C'est un mendiant qui trouverait le moyen de seller un lion et de la chevaucher !
- Silence ! s'écria le vieillard avec colère. Tu n'auras le droit de parler que le jour où l'on te déclarera initié aux vérités profondes. Si cet homme n'a pas menti, je lui ai rendu un grand service. S'il a rusé d'un honteux stratagème, ne crois pas que j'aie été sa dupe. [...]

Aux méchants comme aux bons, fais la charité. En donnant aux bons, tu ajoutes à tes vertus. En donnant aux méchants, tu évites un danger et tu ne risques pas de te tromper...
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Yama
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MessageSujet: La fourmi   Dim 10 Mar - 12:32

Je te raconterai, mon frère, cette belle histoire dont un saint homme fut le héros. Puisses-tu avoir ses qualités !
Schibli allait ventre un sac de blé, qu'il venait d'acheter. Tout à coup, il aperçut, dans le blé, une fourmi qui avait grand'peur. Saisi de pitié, Schibli regagna sa demeure et ne put dormir. Le lendemain, à l'aurore, il se dépêcha d'aller délivrer l'insecte.

J'ai dans la mémoire ces beaux vers de l'illustre Firdawsi :

"Ne tourmente pas la fourmi qui traîne son grain de blé, car elle vit, et la vie est admirable."

La bougie a brûlé le papillon... Aussi, vois comme elle se consume avec des soubresauts dans sa flamme !


Sois bon, ô mon frère !
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Yama
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MessageSujet: La chute   Dim 10 Mar - 12:35

Un faux dévot fit une chute dans son escalier, et mourut sur-le-champ.
Une nuit, le fils de ce faut dévot vit en rêve son père et le questionna sur la façon dont il avait répondu aux interrogations des anges chargés de le juger.
- Mon enfant, répondit l'autre, je n'ai fait qu'un saut de l'escalier dans l'enfer !
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MessageSujet: L'école de la patience   Dim 10 Mar - 12:45

Un homme, dont les mérites étaient célèbres, avait un serviteur d'un caractère détestable et d'une laideur repoussante. On reconnaissait que la hideur de son visage était unique. Lorsque ce serviteur recevait l'ordre de préparer un repas, aussitôt il se mettait en colère; lorsque le repas était servi, aussitôt il venait s'asseoir grossièrement à table. Le soir, il renouvelait son manège, non sans se garder d'offrir à son maître la moindre goutte d'eau. Les reproches, les coups le laissaient indifférent. Le jour, la nuit, il faisait un vacarme infernal dans la maison. Quelquefois, il précipitait les poules dans le puits. Souvent encore, il hérissait de fagots le chemin par lequel son maître devait passer. Quand il allait faire une commission, il restait dehors pendant toute la journée. Devant lui, tout le monde fuyait...

Un jour, un voisin dit au maître :
- En vérité, pourquoi ne chasses-tu pas ce singulier domestique ? Est-il beau, est-il zélé ? Comment peux-tu supporter les odieuses manières d'un être aussi laid. Je me charge de te trouver un autre esclave sérieux et honnête. Dépêche-toi de vendre celui-ci, au marché. Ne te proposerait-on qu'une obole, accepte-la, et il serait encore payé trop cher.
Le brave homme sourit et dit :
- Précieux ami, j'avoue que mon esclave est insupportable, mais je lui dois d'être devenu meilleur. Il m'a rendu si patient, que je puis maintenant tout supporter de la part de mes semblables.
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MessageSujet: La reconnaissance   Dim 10 Mar - 12:55

Moyennant une aumône infime, un homme avait entendu un vieux derviche le combler de bénédictions. A quelques jours de là, cet homme se rendit coupable d'un meurtre, et le sultan le condamna à mort. Les soldats entouraient déjà le lieu du supplice, les badauds accouraient, une foule tumultueuse se pressait sur les toits avoisinants, lorsque le derviche aperçut son bienfaiteur que des gardes entraînaient.
Saisi de pitié, le vieillard, se rappelant ce qu'il devait à cet homme, hurla :
- Le sultan vient de mourir ! Son âme si noble s'est envolé vers Dieu...
Le bourreau n'eut plus la force de lever son sabre, et un immense cri monta de la multitude. De toutes parts, on se précipita vers le palais du sultan. Certains se déchiraient la poitrine et le visage; d'autres pleuraient en silence. Quelle ne fut pas la stupéfaction générale, lorsqu'on apprit que le monarque, en parfaite santé, était assis sur son trône. Mais le prisonnier avait fui...Des gardes arrêtèrent le derviche.
- Pour quel motif as-tu annoncé ma mort ? lui demanda le sultan avec colère.
Le saint vieillard répondit :
- O seigneur, je suis ton esclave, mais, en jetant ce cri : "le sultan vient de mourir !" je n'ai vraiment pas attenté à ta vie. Je n'ai fait que sauver celle d'un malheureux.
Cette réponse toucha le souverain, qui fit remettre au derviche un magnifique présent.
Eperdu, le condamné courait au hasard, quand un inconnu lui demanda comment il avait échappé au supplice.
Il répondit :
- Je dois la vie à un brave coeur et surtout à une aumône que j'ai faite, autrefois.

O sage, sème dès aujourd'hui, et tu ne souffriras pas de la famine ! Souviens-toi que le bâton de Moïse a eu raison de Hoûdj, le redoutable géant...
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MessageSujet: Le destin   Dim 10 Mar - 13:00

Un Kurde ne dormait plus, tant il souffrait du ventre. Un médecin l'examina et dit sentencieusement :
- A à la façon dont cet homme ingurgite ce hachis de viande, je vois qu'il sera mort demain. Mieux vaudrait qu'une flèche tartare se plante dans son ventre, plutôt que cette affreuse nourriture...
Il arriva que le médecin mourut en sortant de chez le malade. La chose s'est passé il y a quarante ans, et notre Kurde vit encore.
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MessageSujet: La médisance   Dim 10 Mar - 13:07

A cette époque, j'étais boursier à l'université de Nizamy, et je consacrais tout mon temps à apprendre mes leçons et les réciter. Un jour, je dis à mon professeur :
- O savant maître, un tel de mes camarades est jaloux de moi. L'envie lui mord le coeur, chaque fois que j'explique le Livre.
Le visage de mon professeur se rembrunit.
- La singulière chose ! s'écria-t-il. Tu blâmes la jalousie de ton condisciple, mais crois-tu que la médisance est digne d'éloges ? Si les mauvais instincts de cet adolescent le font s'acheminer vers l'enfer, tu es en passe de le rejoindre par un autre sentier.
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MessageSujet: Sentences   Dim 10 Mar - 13:24

Accorde ta confiance à l'homme qui craint Dieu, et méfie-toi de l'homme qui ne craint que le sultan.

Lorsque le voleurs vivent en mauvaise intelligence, la caravane n'a rien à redouter.

Si tu es roi, fais pour ton peuple ce que Dieu a fait pour toi.

Avant de bander ton arc, réfléchis. La flèche lancée, il serait trop tard.

Meurs de faim, mais ne vis pas aux dépens des pauvres !

Le peuple est un bel arbre fruitier que l'on doit soigner si l'on veut qu'il produise des fruits.

Avant de vaincre par le sabre, essaie de vaincre par la persuasion.

Lorsque tu es agréablement couché dans l'ombre fraîche de ton harem, donne au moins une pensée aux malheureux qui errent par les rues brûlantes.

Si tu as semé un chardon, n'espère pas voir pousser un jasmin.

L'homme qui tombe ne réussit pas toujours à se relever.

N'attache de prix qu'aux trésors que tu pourras emporter avec toi dans le Paradis.

Le conseil que tu reçois d'un villageois ignorant vaut souvent toutes les leçons des philosophes.

Ne méprise pas les obscurs adversaire, car la goutte de pluie fait les torrents.

Si tu veux que Dieu jette un voile sur tes fautes, habille des pauvres.

Les sommes d'argent que tu donnes à tes amis, mesures-les à leurs besoins et à leur sagesse.

Tu peux recoudre le manteau du Mensonge et de la Ruse, mais tu ne le vendras pas à Dieu.

La seule richesse est celle qui consiste à savoir dompter ses désirs.

Si tu souffres, sois patient et espère. Le jour ne naît-il pas de la nuit ?

Le délateur est le plus méprisable des créatures.

Serais-tu riche comme Qaroûn, fais apprendre un métier à ton fils.

Si ta femme va souvent se promener au bazar, bâtonne-la sans pitié, sinon résigne-toi à vivre au fond du harem, comme une femme.

Ta femme ne pourras sortir de chez toi que le jour de son enterrement.

Consacre tes loisirs à essuyer la poussière qui ternit le miroir de ton coeur.

A quoi bon frictionner avec de l'huile de santal la blessure d'un homme qui agonise ?

Lorsque tu te prosternes vers la Mecque, oublie que tu existes.

Les beaux fruits que le jardinier offre au sultan, il les a cueillis dans les jardins du sultan.

Ne pleure pas sur les morts, qui ne sont plus que des cages dont les oiseaux sont partis.

Amant déçu, ne te désespère pas ! Dieu te reste.
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