Aux amoureux de l'Afghanistan.
 
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 Dialogue oiseux

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Yama
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Masculin Nombre de messages : 506
Age : 35
Localisation : Kharâbât
Date d'inscription : 09/10/2012

MessageSujet: Dialogue oiseux    Lun 14 Mai - 14:54

- Aurais-tu un instant à m'accorder ?
- Non, je n'ai pas d'instant, mais l'instant est là et peut s'ouvrir à toi si tu le souhaites réellement.
- Pardon ?
- Ce n'est rien, passons.
- Mais encore ?
- Je voulais dire que le temps est toujours là, ce n'est pas quelqu'un ou quelque chose qui peut t'en accorder ; ce qu'il faut, c'est que tu te libères de la cruauté de ton mental et saisisses l'instant, le présent, le hic et nunc qui est toujours Là. L'avant-goût de l'éternité te...
- Attends, je suis désolé mais je ne suis pas venu te voir pour délirer métaphysiquement. Je voulais juste savoir si je pouvais te parler un instant.
- Je t'ai répondu, mon cher impatient.
- En gros, c'est oui ?
- Oui, le ver est dans le fruit.
- Pardon ?
- Le ver est dans le fruit.
- Excuse-moi, de quoi parles-tu ?
- Si tu viens me voir, quoique je n'aie rien à t'apprendre, c'est que tu as des problèmes, n'est-ce pas ?
- Oui, justement je voulais savoir...
- Si le ver est dans le fruit ou le fruit dans le ver ?
- Il faut impérativement que tu me dises ce que tu fumes, tu délires complètement et  sembles très heureux et insouciant,
- La quintessence peut-être... Tu devrais l'essayer aussi. Revenons à nos moutons : si le ver est dans le fruit, c'est que tu as des problèmes ordinaires et, pardon de te le dire, illusoires. En revanche, si le fruit est dans le ver, tu aurais besoin du secours du Ciel pour t'en sortir...
- Je comprends mieux... Mais c'est curieux, j'ai l'impression de te comprendre toujours après coup et...
- C'est normal. L'un des principes fondamentaux de la vie est le suivant : l'on fait d'abord telle expérience et l'on comprend ensuite. Tu reçois mes fraternels coups - verbaux d'abord et tu comprends ensuite. Tu vis d'abord, et tu comprends ensuite le sens de la vie ; seuls les êtres à qui la Providence fait don de sa Grâce peuvent comprendre le sens ultime de la vie ou, pour être plus précis, le sens de l'existence.
- D'accord...mais je crains que ce ne soit pas une question qui me préoccupe présentement, puisque je viens te voir pour...
- Pour savoir si le ver est dans le fruit dans le ver ? Je t'ai répondu tout à l'heure, qu'as-tu fait de ta mémoire mon cher ?
- Explique-moi sinon...je crois que je vais te sauter dessus et te déformer la figure.
- La figure ! Voilà un mot intéressant... Vois-tu... ton problème est justement ce mot.
- Pardon ?
- Tu t'arrêtes à la figure, c'est-à-dire à la forme, à l'apparence des choses heureuses ou malheureuses ; le malheur apparent te paralyse et te noie progressivement dans la souffrance et le bonheur apparent te met en transe, si bien que, dans les deux cas, tu te mets toi-même dans l'incapacité d'accéder à la réalité tenace des choses voilée par la forme fugace.
- D'accord...je comprends... Mais laissons là pour le moment ces graves propos et parlons de ce qui m'amène à toi. Je...
- Rassure-toi mon cher, le ver est dans le fruit.
- Es-tu fou enfin ? Pourquoi me parles-tu sans cesse du ver et du fruit ?
- Je parle précisément de tes problèmes : Le ver est dans le fruit et non le fruit dans le ver, c'est donc chose rassurante. Le fruit, c'est toi, et le ver c'est ce qui te crée des « problèmes ». Autrement dit, tu ne résoudras jamais tes « problèmes » tant que tu n'as pas compris d'abord la dualité radicale entre le « fruit » et le « ver » - entre ce que tu es et le ver, ton mental, qui te ronge en te créant des ennuis – et n'as pas fait le nécessaire pour affamer progressivement le ver afin qu'il finisse par s'évanouir dans le monde des illusions dont il est issu.
- Mais concrètement, que dois-je faire ?
- Prendre conscience peut-être de la dualité, toi et le ver, et apprendre à rompre progressivement l'identification que tu as faite inconsciemment entre « toi » et le « ver » ou entre toi et ton mental. Chaque fois que tu as des pensées négatives qui émergent, tu peux te dire : Je ne suis pas ce ver, je ne suis pas cela, et te concentrer sur toi-même... Tu remarqueras, si tu pratiques cet exercice régulièrement, que la rupture de l'identification entre toi et le ver et les concentrations fréquentes sur toi-même te rendront de plus en plus apaisé et pacifère, les « problèmes » finiront eux aussi par s'estomper comme par magie.
- D'accord... Mais tu dis que je ne suis pas le ver, que je suis pas cela. Tu peux m'expliquer ? Je suis qui ?
- Tu n'es pas cela.
- Pas cela ? Tu veux dire quoi ?
- Tu n'es pas celui qui pose cette question.
- Mais qui suis-je alors ?
- Tu n'es ni ceci, ni cela, ni homme, ni père, ni frère, ni employé ni quoi ce soit d'autre (tout cela constitue des formes fugaces, ou des vêtements auxquels l'on s'identifie inconsciemment).
- Réponds-moi je t'en supplie...qui suis-je si je ne suis pas tout cela ?
- Tu es.
- Quoi ? Qui ? Explique-moi enfin !
- Tu comprendras.
- Quoi ?
- Sois patient et...
- Mais tu es là, tu peux m'expliquer, aide-moi !
- Sois patient, omnia tempus habent.
- Ah... tu me rends fou ! J'y perd mon latin là...
- Perds plutôt tes illusions mon cher et...
- Mais qui suis-je ? Explique-moi !
- Silence !
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