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 l'Emir de Fer (Abdur Rahman Khan)

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Afg4ever
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MessageSujet: l'Emir de Fer (Abdur Rahman Khan)   l'Emir de Fer (Abdur Rahman Khan) Icon_minitimeLun 28 Oct - 9:31

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Quand Abdur Rahman accède au pouvoir, les différents territoires composant l'Afghanistan sont pratiquement autonomes. Les vallées et les villages s'administrent eux-mêmes, sous l'autorité d'un chef ou d'un mollah ; quant aux tribus, clans, ou groupes ethniques ils se reconnaissent des chefs dont le pouvoir est égal à celui des émirs du « royaume de Kaboul ». Tels sont les émirs du Turkestan, les Hazaras, ou les chefs des Ghilzaïs ou d'autres groupes pachtouns. Le premier souci du monarque va donc consister à affirmer son pouvoir sur un royaume dont les frontières Est et Sud ne seront définitivement fixées qu'en 1893, celles du Nord et du Nord-Est en 1896.

L'Afghanistan se divise alors en cinq provinces englobant différentes ethnies : Kaboul, Kandahar, Hérat, Turkestan et Badakhchân, auxquels s'ajoutent deux territoires pratiquement autonomes, le Wakhân à l'extrême Nord-Est, le Kafiristân (« le pays des infidèles ») au Nord-Est. Abdur Rahman va placer à la tête des provinces des gouverneurs pachtounes. Dans le même temps, il s'efforce de briser le système tribal, jouant habilement les uns contre les autres, ou corrompant des notables pour acheter leur docilité ou leur neutralité. Il demande parfois que des chefs de clans lui confient un ou plusieurs enfants afin d'assurer leur éducation à Kaboul ; il s'agit en fait d'une véritable prise d'otages6. Lorsqu'il le faut, il emploie la force avec une armée qu'il modernise et qui fait l'objet de toutes ses attentions.

l'Emir de Fer (Abdur Rahman Khan) 466px-Abdur_Rahman_Khan_of_Afghanistan

Abdur Rahman défait Ayoub Khan, qui s'était replié sur Hérat, et le contraint à l'exil (1881), puis il mate une révolte du puissant clan des Ghilzaïs en deux temps, 1881-1882, et 1886-18877 et profite de sa victoire pour exiler 10 000 familles ghilzaïs au Nord de l'Hindou-Kouch, où elle feront pièce aux peuplements traditionnels d'Ouzbeks, d'Aymaqs, de Hazaras ou de Tadjiks. Il doit faire face en 1888 à une rébellion conduite par son propre cousin, Mohammed Ichâq Khân, qu'il avait confirmé dans ses fonctions comme gouverneur du Turkestan afghan. Défaites dans un premier temps, ses troupes prennent l'avantage, ce qui contraint Ichâq à fuir à Boukhâra, où il vivra grâce à une pension allouée par le gouvernement impérial russe. En 1890, ce sont cette fois les Shinwaris qui se soulèvent contre l'émir dans la région du Firouz Koh. Ils sont vite ramenés à l'obéissance. Abdur Rahman viendra à bout des Hazâras entre 1891 et 1893, à l'issue de combats incertains dans cette région difficile d'accès8. Il soumet enfin en 1895-1896 les populations du Kafiristan et les oblige à se convertir à l'islam, d'où le nouveau nom qu'il donne à cette région : le Nouristan (« le pays de la Lumière »)9.

Dans le même temps que l'émir impose son autorité aux quatre coins du royaume, les frontières sont délimitées par une suite d'accords négociés entre les Britanniques, préoccupés de la sécurité de l'empire des Indes, les Russes, qui étendent leur domination au-delà de l'Indus, et l'émir.

Au nord, le long de l'Oxus, un accord provisoire est trouvé avec les Russes en 1886. À l'Ouest, la limite entre la Perse et l'Afghanistan est fixée en 1891. Restait le cas de l'Est et du Sud. Conformément à ce qui avait été prévu par le traité de Gandomak, une commission britannique, sous l'autorité de Sir Mortimer Durand, secrétaire d'État aux Affaires étrangères du gouvernement de l'Inde en est chargée. La fameuse Ligne Durand, séparant l'empire des Indes et l'Afghanistan, est reconnue par l'émir en 1893. Il s'engage à ne pas intervenir au-delà de cette ligne dans les zones tribales. En contrepartie, le gouvernement britannique porte le montant annuel des subsides qu'il accorde à l'émir à 18 lakhs de roupies (18 millions de roupies, soit 120 000 £). Pour la frontière nord et nord-ouest, les négociations entre les Britanniques, les Russes et l'émir s'étaleront sur trois années, de 1884 à 1896. Il est finalement décidé que l'émir évacuera les territoires qu'il occupe au Nord de l'Oxus, il se voit attribuer en retour le district de Darwâz (au sud de l'Oxus), ainsi que la zone des hautes montagnes du Wakhân (dont il se soucie bien peu). On peut dès lors considérer que l'État afghan existe bel et bien au regard du droit international, toutes les parties concernées y ayant donné leur accord10.

À la fin du règne d'Abdur Rahman, le découpage administratif administratif du royaume sera sensiblement différent de ce qu'il était en 1880. Le Turkestan aura pris le nom de Turkestan afghan, le Badakhchân inclura le Wakhân, Kandahar et Kaboul seront maintenues, et une nouvelle province, celle de Farâh, aura été créée. Chaque province, divisée en districts clairement identifiés, sera administrée par un gouverneur (Hâkim), doté de pouvoirs administratifs et judiciaires. La province de Kaboul, traditionnellement administrée par l'émir, aura été dotée d'un vice gouverneur (Naïb ul-Hûkumâ)11.

Les prédécesseurs d'Abdur Rahman s'appuyaient sur des troupes organisées sur des bases tribales traditionnelles, ce qui ne favorisait ni l'unité de leurs armées, ni la continuité dans l'action. Sans compter que la logistique était toujours aléatoire et laissée plus ou moins à la diligence des différents groupes. L'émir l'avait bien compris (c'est aussi l'une des raisons pour lesquelles il contribue à déstructurer le système tribal), et il s'efforce dès son accession au pouvoir, d'organiser une véritable armée de métier. Il prend comme modèle l'armée britannique, achète en Inde, grâce aux subsides qui lui sont versés, des armes modernes (Krupp, Hotchkiss, Maxim, etc.), des munitions et des équipements variés (à moins que ceux-ci ne soient copiés, comme les armes, dans des ateliers afghans). Il organise ses troupes de façon méthodique, séparant l'infanterie, l'artillerie et la cavalerie, avec des régiments créés sur des bases territoriales (et donc claniques) disposant chacun d'un mollah, d'un médecin, d'un "chirurgien", d'une logistique (mules, corps de génie, etc.), et même, parfois, de musiques régimentaires.

Il assure en outre aux soldats et officiers des soldes confortables, régulièrement payées (sans compter divers avantages concédés lors ou à l'issue des campagnes victorieuses). Il met ainsi très vite en place une armée de 50 000 à 60 000 hommes qui lui sera totalement dévouée et qui fera ses preuves dans les opérations conduites dans tout le territoire du royaume.
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MessageSujet: Re: l'Emir de Fer (Abdur Rahman Khan)   l'Emir de Fer (Abdur Rahman Khan) Icon_minitimeSam 25 Jan - 18:17

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