Aux amoureux de l'Afghanistan.
 
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 Satire

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Yama
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Yama

Masculin Nombre de messages : 534
Age : 36
Localisation : Kharâbât
Date d'inscription : 09/10/2012

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MessageSujet: Satire   Satire Icon_minitimeMer 29 Mai - 11:12

Satire

- Ah ! mon cher Héliodore ! Heureux de te revoir !
Voir ta sérénité en cet âge si noir
Est consolation, remède et lumière !
Tu répands je ne sais quel baume pacifère,
Soulageant en douceur nos soucis passagers
Qui nous rendent souvent à notre âme étrangers...
Mais... Que se passe-t-il... ? Tu sembles en colère...
Serais-tu... par hasard... un homme... bipolaire,
Répandant, en tel jour, des propos bons et doux
Et bouillonnant, tel jour, sous l'effet du courroux ?
- Tu le vois, mon ami, je n'ai le cœur à rire...
Je ne ressens en moi que le dégoût et l'ire !
- Tu m'en vois stupéfait... Mais que s'est-il passé ?
Par quel coup surprenant ton calme est-il blessé ?
As-tu subi l'assaut de quelque vil larron ?
Aurais-tu aperçu le portrait de Micron,
Dont l'aspect seul suffit à susciter la rage
Chez tout être sensé, serait-on le plus sage ?
- Ah non ! Que Dieu m'en garde... En effet, sur ce point,
N'étant pas un « marcheur », tu ne te trompes point...
- Qu'as-tu donc, dis-le-moi, as-tu vu, d'aventure,
L'un de ses serviteurs, une autre pourriture ?
Aurais-tu entendu les discours affligeants
De Loyseau qui attente à la raison des gens ?
Son ramage, dit-on, creux, lassant, insipide,
Fait pleurer le bon sens tant il semble stupide...
Elle unit, dirait-on, en son être subtil,
Tout le venin de Ruth et celui de Cyril,
Deux grands empoisonneurs de la raison publique
Qui œuvrent par le rire et par la politique.
- Suis-je capable, moi, d'entendre un seul instant
Ces enfants corrupteurs de l'habile Satan ?
Je ne peux supporter ces êtres méphitiques
Qui souillent si souvent les foires médiatiques.
Laissons donc de côté cette engeance de sots !
Ce qui me fâche, ami, c'est les réseaux sociaux...

Vois-tu... nos chers aïeux jouissaient en leur âge
D'un immense bienfait, d'un insigne avantage :
Il y a eu des Cyril, des faquins en tout temps,
Et des sots vaniteux qui, de leur sort contents,
Se croyaient beaux esprits et ennuyaient le monde
Par leur seul bavardage ou quelque ouvrage immonde.
Mais, étant donné que tout va de mal en pis,
Autrefois leur nuisance avait-elle répit,
Et le nombre de sots était peut-être moindre,
En tout cas avait-on moins de cas à s'en plaindre.
Un bélître, en effet, pouvait nuire le jour,
S'il était, toutefois, admis en notre cour.
Il pouvait ennuyer par son « intelligence »,
Qui masque en pareil cas sans doute la démence,
Mais jamais ne durait longtemps un tel ennui,
Et pouvait-on, du moins, être quiet la nuit !

Cependant, de nos jours, par la technologie,
Les sots sans rougir font de la pédagogie !
Chacun se croit grand sage, et malgré ses travers,
Prodigue des leçons par la prose ou le vers,
Tout idiot est d'avis qu'une rare sagesse
Habite son esprit pour le bien de la presse !
On n'a plus de scrupule et on ne rougit pas,
On voudrait en bêtise égaler Schiappas !
Jour et nuit on publie, on assomme le monde
Par sa prose qui n'est qu'en sottise profonde...
- Je te trouve sévère... Au fond, tu n'as pas tort,
Mais on trouve en ces lieux quelquefois des trésors,
De vrais sages, parfois, qui viennent dans la fange
Amender, là aussi, ce monde si étrange.
- Peut-être, je ne sais... Mais, malgré tout, je vois
Qu'il y a plus de Béchel, las ! que de Saint François.

Tiens ! Je connais un fou dont le seul nom fait rire,
Et pourrait, à lui seul, nourrir une satire !
Il a pris pour surnom, si je m'en souviens bien,
Un nom avoisinant Ignare Bactracien*...
Je ne sais qui il est, mais il est sans nul doute
Un de ces fous fieffés que le bon sens redoute.
Il se croit sage aussi et s'exprime souvent
Pour ennuyer le monde en racontant du vent !
Tantôt il apparaît, avec son air morose,
Réagir à ceci dans sa navrante prose,
Et tantôt le voit-on, sur des sujets divers,
Composer sottement quelque discours en vers.
Il s'élève parfois, ignorant sa démence,
En esprit satiriste assommant telle engeance,
Critiquant tel méfait, dénonçant tel fléau,
En suivant Juvénal ou notre cher Boileau.
Mais en cet art aussi, il est plus pathétique
Que Madame Loyseau parlant de politique.
Cependant, quelquefois, il livre tel rappel
Qui me fait réfléchir et apaise mon fiel.

C'est tout cela, mon cher, qui m'échauffe la bile,
Et surtout ce dernier résidant d'un asile !

*Ignarus Bactrianus, mon surnom (l'Ignorant / l'Inconnu Afghan).
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